Chute interminable
Mais personne n’est apte. Pas ici, pas maintenant. Personne.
Je ne voulais pas revivre cela, c’est trop dur pour mon petit cœur fragile. Comme englouti de nouveau dans une vague sans fin, tourbillon glacé qui ne veux pas me laisser sortir. Et cette fois, la vague a frappé plus vite, plus fort, sans prévenir. Mes défenses baissées, la fenêtre de mon âme ouverte à tous les courants d’air.
Le vent s’est engouffré en mon être, balayant tout sur son passage, rasant les derniers signes de protection, me mettant à nu, seule devant un constat irrévocable. Encore une fois je tombe, je ressens, je vis. Une fois encore je me relève, je lutte, j’exprime. Et encore une fois, je butte, je chute, et je saigne.
La dernière fois la cicatrisation a été longue, difficile, j’ai cru n’en jamais voir la fin. Mais j’y suis arrivée, seule face au néant, seule face à l’abandon, seule, comme toujours.
De nouveau ce sentiment s’impose a moi. Seule.
Dans une chute interminable, je ne trouve aucune branche pour m’accrocher, juste le noir ambiant d’une nuit depuis longtemps tombée. J’ai cru un moment que le soulagement me retiendrait, mais il n’en est rien, il a juste tenu un peu plus longtemps que les autres prises, que les autres moments où je n’y pense pas. Mais il a fini par céder, comme les autres.
Et me voilà repartie dans ma descente vers les abîmes, sans pouvoir rien faire contre. Il faut juste se laisser aller, sans lutter. Le salut réside dans la discussion, dans l’échange. Mais aucune oreille ne me convient, alors toujours, je tombe.